Connaissez-vous cette tendance, le solo-maxxing, qui fait de plus en plus parler d’elle sur les réseaux sociaux ? Cette philosophie de vie qui consiste à penser qu’on peut tout à fait être heureuse sans être en couple ou entourée d’ami(e)s a de plus en plus d’adeptes issus de la Gen Z. À travers leurs contenus postés sur Instagram ou TikTok, on découvre le quotidien de ces jeunes femmes (mais également de jeunes hommes) qui choisissent de privilégier leur tranquillité, leurs projets personnels et leur indépendance plutôt que de rechercher une relation amoureuse ou de multiplier les interactions sociales.
À première vue, cette idée peut sembler extrême mais à bien y réfléchir, on peut se demander si ce phénomène ne raconte pas quelque chose de beaucoup plus profond sur notre époque.
Car derrière ce mot étrange se cachent des questions que nous sommes nombreuses à nous poser après 50 ans : avons-nous encore envie de faire des compromis ? Pourquoi certaines relations nous épuisent-elles ? Pourquoi la quête d’un partenaire sur les applications de rencontre est souvent décevante ? Peut-on être heureuse seule ? Le célibat choisi, la solitude choisie ou encore la recherche d’une plus grande indépendance sont des sujets qui intéressent de plus en plus de femmes. Alors, jusqu’où faut-il aller pour protéger sa paix intérieure ?

Qu’est-ce que le solo-maxxing ?
Le terme solo-maxxing est apparu récemment dans les pays anglophones. Il associe les mots « solo » et « maxxing », qui signifie maximiser. L’idée est de construire la meilleure version possible de sa vie en se concentrant avant tout sur soi-même.
Certaines personnes qui adhèrent à cette philosophie expliquent s’être longtemps investies dans des relations amoureuses qui leur demandaient beaucoup d’énergie, parfois au détriment de leur propre équilibre. Elles aspirent désormais à une vie plus sereine, centrée sur leur bien-être, leur liberté et leurs projets personnels, sans les compromis ou les déceptions que peuvent parfois entraîner certaines relations.
Leur mantra pourrait se résumer ainsi : construire une vie suffisamment riche et épanouissante pour qu’une relation amoureuse soit un choix, un bonus et non un besoin. Sur les réseaux sociaux anglophones, cette philosophie est souvent associée à des expressions comme single by choice (célibataire par choix), self-partnered (en couple avec soi-même) ou encore main character energy, qui consiste à devenir la personne principale de sa propre histoire.
Cette évolution est également liée à la lassitude que certaines personnes ressentent face aux applications de rencontre. Entre les conversations sans lendemain, le manque d’engagement, les déceptions répétées ou les comportements parfois irrespectueux, beaucoup finissent par se demander si leur énergie ne serait pas mieux investie ailleurs. Pour certaines adeptes du solo-maxxing, le problème n’est pas de ne plus croire à l’amour, mais de ne plus vouloir consacrer autant de temps à sa recherche.
Pour certaines adeptes du solo-maxxing, cette démarche ne concerne pas uniquement le couple. Elles affirment également ne plus rechercher activement d’amitiés proches, estimant que certaines relations peuvent parfois représenter davantage de contraintes émotionnelles que de bénéfices.
Leur énergie est alors consacrée à leur santé, leurs finances, leur carrière, leurs loisirs, leurs voyages ou encore leur développement personnel.
Cette philosophie s’inscrit dans un contexte où le célibat est de plus en plus visible et assumé. En France, on estime aujourd’hui à près de 18 millions le nombre de célibataires. Chez les 25-34 ans, la vie en couple est également moins fréquente qu’il y a trente ans : en 2022, 51 % des hommes et 60 % des femmes vivaient en couple, contre respectivement 66 % et 75 % en 1990. Ces chiffres ne signifient pas que les jeunes générations rejettent l’amour, mais ils traduisent une évolution du rapport au couple, à l’indépendance et aux différentes façons de construire son bonheur.
Le solo-maxxing est-il vraiment une idée nouvelle ?
Si le solo-maxxing est principalement porté par les jeunes générations sur les réseaux sociaux, l’idée de construire une vie épanouissante sans être en couple n’est pas nouvelle. En France, près d’une personne de 65 ans ou plus sur trois vit seule dans son logement. Cette réalité concerne particulièrement les femmes puisque plus de 43 % des femmes de 65 ans et plus vivent seules.
Bien sûr, toutes ces femmes ne se reconnaîtraient pas dans le solo-maxxing. Certaines sont célibataires par choix, d’autres à la suite d’une séparation ou d’un veuvage. Mais ces chiffres montrent qu’il existe aujourd’hui de nombreuses façons de s’épanouir en dehors du modèle traditionnel du couple.
Cette vision peut surprendre, parfois même déranger, tant nous avons longtemps associé l’épanouissement personnel à la vie de couple et à un cercle social bien rempli. Pourtant, derrière le phénomène du solo-maxxing se cache une réflexion plus profonde sur notre rapport aux autres, à la solitude choisie et à la liberté de vivre selon ses propres règles.

Une tendance qui en dit long sur notre époque
Ce qui me frappe avec le solo-maxxing, c’est qu’il apparaît à un moment où nous n’avons jamais été aussi libres.
Les femmes peuvent aujourd’hui vivre seules, travailler, acheter un bien immobilier, voyager, créer une entreprise ou changer de vie sans dépendre d’un conjoint. Quand on y pense, nos grands-mères n’avaient pas cette liberté.
Pourtant, malgré cette indépendance nouvelle, beaucoup semblent ressentir le besoin de se protéger davantage des autres. Comme si certaines relations étaient devenues trop compliquées, trop exigeantes ou trop énergivores.
Les considérations économiques jouent peut-être également un rôle. Dans un contexte marqué par l’inflation et la hausse du coût de la vie, les sorties, les loisirs ou même certaines activités sociales représentent un budget de plus en plus important. Certaines personnes préfèrent alors consacrer leur temps et leur argent à leurs propres projets plutôt qu’à une vie sociale particulièrement intense.
Il ne faut pas non plus négliger le poids des expériences personnelles. Après avoir connu des relations décevantes, déséquilibrées ou parfois toxiques, certaines femmes aspirent simplement à davantage de tranquillité. La solitude choisie peut alors être perçue non comme un échec ou un renoncement, mais comme une façon de préserver son équilibre et sa paix intérieure.
Le succès du développement personnel, des retraites bien-être, des voyages en solo ou encore des journées consacrées à soi-même traduit probablement cette même aspiration : retrouver un peu de calme dans un monde qui sollicite constamment notre attention.
Sommes-nous devenues fatiguées émotionnellement ?
Peut-être. En tout cas, nous sommes nombreuses à avoir parfois le sentiment d’être celle qui gère les problèmes, qui organise, qui prend des nouvelles, qui écoute, qui soutient et qui porte une partie du poids émotionnel des autres. À force de répondre aux attentes de chacun(e), certaines finissent par ressentir une forme d’épuisement.
Après des années passées à gérer la famille, le travail, les contraintes du quotidien et parfois les problèmes de Pierre, Paul et Jacques, beaucoup aspirent simplement à davantage de légèreté. Elles ont moins envie de relations compliquées, de conflits inutiles ou de situations qui leur demandent plus d’énergie qu’elles ne leur apportent de satisfaction.
Sous cet angle, le solo-maxxing apparaît presque comme un mécanisme de protection. Une manière de reprendre le contrôle de son temps, de son énergie et de ses priorités. Non pas parce que les autres n’ont plus d’importance, mais parce que l’on réalise parfois que l’on ne peut pas être disponible pour tout le monde en permanence sans finir par s’oublier soi-même.
Après 50 ans, une autre façon de voir le bonheur
Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles cette réflexion me parle. À partir d’un certain âge, beaucoup de femmes commencent à regarder leur vie différemment.
Après avoir élevé des enfants, soutenu un conjoint, construit une carrière ou pris soin de proches, certaines ressentent le besoin de se recentrer sur elles-mêmes. Elles découvrent que leur temps est précieux et que leur énergie ne l’est pas moins.
Beaucoup redécouvrent également le plaisir de la solitude choisie. Partir en week-end sans avoir à tenir compte des envies de quelqu’un d’autre, organiser ses journées comme on l’entend ou simplement profiter de son propre rythme. Une liberté qui peut sembler anodine mais qui est souvent vécue comme une véritable bouffée d’air frais après des années consacrées aux autres.
Avec les années, on devient également plus sélective dans ses relations, plus attentive à ce qu’on accepte et plus consciente de ce qu’on souhaite réellement pour la suite.
Cela ne signifie pas qu’on rejette les autres mais simplement qu’on souhaite se préserver.
Divorce, veuvage : une liberté inattendue
Il existe aussi des moments de vie qui changent profondément notre regard sur l’indépendance. Par exemple, après un divorce ou une séparation, certaines femmes redécouvrent une liberté qu’elles avaient oubliée. Elles peuvent enfin se concentrer sur elles-mêmes, leur hobbies, la réalisation de projets remis toujours à plus tard parce que monsieur n’était pas forcément partant.
Certaines décident de voyager ou de passer leur retraite au soleil, d’autres reprennent le sport, se mettent à l’apprentissage d’une langue étrangère ou apprécient simplement les moments passés seules, comme un rendez-vous avec soi-même.
Je pense notamment à ces femmes qui décident de partir quelques jours seules à Londres, à Madrid alors qu’elles n’auraient jamais osé le faire auparavant. Non pas parce qu’elles fuient les vacances avec leurs amies mais parce qu’elles ont appris à ne plus attendre d’être accompagnées pour réaliser leurs envies.
Quant au veuvage, il peut être vécu différemment selon l’expérience de chacune : un grand désespoir ou une forme de libération… Je me souviens de cette interview ou une dame âgée avouait être soulagée depuis le décès de son mari. Cela peut paraître horrible mais elle expliquait sa réaction par le fait que son cher et tendre l’empêchait de vivre sa vie comme elle l’entendait depuis de longues années. Il la brimait sur des tas de choses et le fait de se retrouver enfin libre de faire comme bon lui semble la comblait de joie. Vous imaginez les commentaires indignés sous la vidéo …

Être seule ne signifie pas être seule au monde
C’est ici que je commence à prendre mes distances avec la version la plus radicale du solo-maxxing. Car il existe une différence fondamentale entre apprécier sa propre compagnie et se couper volontairement des autres.
J’aime passer du temps seule. Je me sens bien avec moi-même. J’apprécie d’écouter un livre audio en me promenant au bord de l’océan, jardiner, profiter d’un moment de calme à la maison ou partir faire une balade sans avoir de compte à rendre à personne. Avec les années, j’ai appris à apprécier ces moments et à ne plus les considérer comme du temps vide.
Mais j’aime tout autant les déjeuners entre amies, les conversations qui se prolongent pendant des heures, les fous rires et les souvenirs que l’on construit ensemble. Ces moments font partie de mon équilibre et contribuent eux aussi à mon bonheur.
La différence, peut-être, est que je suis devenue plus sélective qu’autrefois. Avec le temps, j’ai appris à m’éloigner des relations toxiques, des personnes qui drainent notre énergie ou qui compliquent inutilement notre existence. Aujourd’hui, je préfère avoir quelques amitiés sincères plutôt qu’un grand cercle de relations superficielles.
Une question essentielle à se poser pour être certaine qu’une relation est saine : les liens que nous entretenons enrichissent-ils notre vie ou l’alourdissent-ils ? Lorsqu’une relation nous apporte du soutien, de la joie, de l’inspiration ou simplement le sentiment d’être comprise, elle mérite d’être cultivée. À l’inverse, lorsqu’elle devient une source permanente de stress, de culpabilité ou d’épuisement émotionnel, il est nécessaire de prendre du recul voire de couper les liens…
À mes yeux, le véritable enseignement du solo-maxxing n’est donc pas de vivre sans les autres. C’est peut-être plutôt d’apprendre à choisir avec davantage de soin les personnes auxquelles nous accordons notre temps, notre confiance et notre énergie.
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Les études sur le bonheur racontent une autre histoire
Ce qui est intéressant, c’est que les recherches consacrées au bonheur et à la longévité ne vont pas vraiment dans le sens du solo-maxxing le plus extrême.
L’exemple le plus connu est celui de la Harvard Study of Adult Development, l’une des plus longues études jamais réalisées sur le bonheur humain. Lancée en 1938 et toujours en cours aujourd’hui, elle conclut que la qualité des relations humaines constitue l’un des facteurs les plus importants de bien-être et de longévité.
Ce ne sont pas nécessairement les personnes les plus populaires qui sont les plus heureuses, mais celles qui peuvent compter sur quelques relations solides et bienveillantes. Pas nécessairement un grand cercle social ni même des dizaines d’amis mais simplement quelques personnes sincères avec lesquelles elles peuvent être elles-mêmes.
Ce constat revient régulièrement dans les études consacrées au bien-être. L’être humain a besoin de liens, peut-être moins nombreux qu’autrefois mais nous en avons besoin malgré tout.
Il faut également distinguer la solitude choisie de la solitude subie. Décider de passer du temps seule parce que l’on en ressent le besoin n’a rien à voir avec le fait de se retrouver isolée malgré soi. Les deux situations sont souvent confondues alors qu’elles produisent des effets très différents sur notre équilibre. Beaucoup de femmes apprécient aujourd’hui leurs moments de solitude sans pour autant souhaiter vivre coupées des autres.

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Et si l’essentiel était d’avoir le choix
Au fond, ce qui rend le solo-maxxing intéressant n’est peut-être pas son refus des relations, mais la question qu’il nous oblige à nous poser : avons-nous appris à être heureuses seules ? Ou avons-nous encore besoin des autres pour nous sentir complètes ?
Pendant longtemps, les femmes ont été encouragées à rechercher le bonheur dans le couple, la famille ou le regard des autres. Aujourd’hui, nous savons que l’épanouissement peut prendre de nombreuses formes. On peut être célibataire et heureuse, vivre seule et se sentir parfaitement bien dans sa vie.
Il est possible de passer des journées seule, de faire du sport seule, d’aller au cinéma seule ou même de voyager seule. Mais je ne suis pas certaine que l’objectif soit de n’avoir jamais envie de partager avec les autres.
Je crois plutôt que l’important est d’avoir le choix. Le choix de s’entourer de personnes qui nous apportent quelque chose de positif. Le choix de prendre ses distances lorsque certaines relations deviennent trop lourdes ou trop déséquilibrées. Le choix de savourer la solitude quand elle nous fait du bien et de rechercher la compagnie des autres lorsque l’on en ressent l’envie.
À mes yeux, la liberté ne consiste pas à vivre sans les autres. Elle consiste à ne plus rester dans une relation, qu’elle soit amoureuse ou amicale, simplement par peur d’être seule.
Mon regard sur le solo-maxxing
Finalement, cette philosophie de vie me laisse avec une conviction assez simple : Apprendre à être heureuse seule est probablement l’une des plus belles libertés que l’on puisse acquérir. Toutefois, cela ne signifie pas que nous devons renoncer aux liens qui donnent de la profondeur à notre existence.
Certes, l’indépendance et la liberté sont précieuses mais lorsque je repense aux plus beaux moments de ma vie, ils ont presque toujours été partagés avec quelqu’un : une personne chère à mon coeur.
Alors non, je ne suis pas certaine que le solo-maxxing soit l’avenir. En revanche, il nous rappelle une chose essentielle : notre bonheur ne devrait jamais dépendre entièrement des autres.
Peut-être que la véritable réussite n’est pas d’apprendre à vivre sans les autres, mais d’apprendre à ne plus avoir besoin d’eux pour être heureuse.
Alors, que pensez-vous de la tendance du solo-maxxing ?
Donnez-moi votre avis en commentaire, je serais ravie de pouvoir échanger avec vous sur ce sujet.
Muxu.


Je ne connaissais pas la dénomination, mais n’a-t-on pas tendance à voir des modes ou des nouveautés alors ce cela a toujours existé ? Certains sont plus solitaires que d’autres, d’aucuns préfèrent rester célibataires ou le redeviennent en cours de parcours…. d’autres encore décident de s’isoler, temporairement ou plus longuement. Rien de nouveau sous le soleil !
Par contre, en effet, nos aspirations et goûts évoluent avec l’âge, le ralentissement de notre rythme explique en partie nos besoins de davantage de calme, de qualité relationnelle, d’authenticité dans nos échanges…